Cette photographie est récente, octobre 2017. Pourtant cette sympathique demeure montre à quoi ressemblaient jadis les maisons en pierre (celle-ci n'est toutefois pas encore présente sur le cadastre napoléonien établi de 1826 à 1833) : étages de faible hauteur, petites ouvertures pour se protéger des intempéries (à l'époque, pas de volets), maison adossée à la pente et façade orientée au sud-est pour bénéficier de l'ensoleillement. Le toit était alors recouvert de tuiles creuses (encore en 1950). On voit que les ouvertures ont été modifiées à maintes reprises.


Comment  vivaient les habitants autrefois?

C'est ce que permettent de savoir les archives, les cartes postales anciennes, les traces matérielles du passé dans les paysages.... (voir le site complémentaire ESCOCHES )

Traces du passé à Écoche même : elles peuvent paraître rares. Le promeneur un peu curieux peut les découvrir ici ou là, mais elles ne se livrent pas d’emblée. Nous en indiquons quelques-unes ci-dessous ou dans les pages de cette rubrique ; mais aussi dans la rubrique "chemin faisant" à la page du petit patrimoine


Les maisons anciennes : en général du XIXème siècle. Rares sont celles qui sont plus vieilles, car presque tous les bâtiments en pisé ont disparu.

 

Mais, à Fillon, il y a une maison (ex-famille Poizat) qui existait avant la Révolution, ainsi qu’au bourg.

 

 

Photo : cette autre maison  inhabitée depuis 1910 (on voit une pierre d'évier à droite de la fenêtre) est en fait composite : elle réunit plusieurs anciennes maisonnettes accolées repérables sur le cadastre dit napoléonien de 1833.


De très vieux arbres, comme les châtaigniers ; par exemple -photoA- sur le chemin qui va de Fillon à "la rue en borgnes", un châtaignier dit "du Marquis" (en fait Marius Poizat). Ou -photoB- à Berthillot, un peu à l'écart au sud, le plus gros châtaignier, qui vient de donner son nom au chemin qui y conduit. Ou-photo C- sur la route de Fonteret. Ou-photo D -le long du chemein de Ridevet.




Autres traces...

 - Les boiseries de l’église et surtout la chaire, dues à l’artisan du pays, Troncy.

 - Une ancienne école des frères au lieu-dit Le Caire (maison dite du pavillon) et qui, avant 1848, était une résidence de la famille Glatard.

 - La jolie demeure de la famille Glatard (le château) aux Seignes, construite au 19ème siècle (1848).

 - L’étang de Cadolon qui alimentait l’usine.

 - D’anciens moulins : au But ; traces sommaires au « Meunier blanc » ou au lieu dit « le chemin du moulin » en-dessous de Laval.

 - Un pigeonnier à Laval.

 - Des « cabines » du temps du textile, à Juin, à La Forest…

 - Des murets de pierres sèches, à proximité des hameaux pour clore jadis les petits champs (verchères) : à La Quichère, au Cret-Loup dans les bois (une grosse pierre plate est dite pierre des morts car elle servait, dit-on à déposer les cercueils qu’on descendait à pied depuis Fontimpe).

 - De très nombreux points d’eau qui avaient divers usages, aujourd’hui révolus : puits (celui de Chiforet, naguère commun aux habitants du hameau est aujourd’hui dans une propriété privée) ; crots – ou craus - qui servaient aux lessives ; serves qui dans les près donnaient l’eau pour le bétail ou étaient vidées pour arroser les prés ; fontaines - ou fonts ; rigoles diverses pour l’irrigation : les bis, les railles. Beaucoup existent encore mais très peu visibles ; de plus en plus l’agriculture moderne les détruit.

 - Une ancienne scierie et son étang, aux Bruyères.

 - Au musée Déchelette, on trouve semble-t-il des objets de la préhistoire (Cret-Loup) et des tuiles romaines (Fillon, fouilles de Déchelette lui-même).

 L’essentiel du passé se trouve dans les archives (à Saint-Étienne,  à Lyon, à Mâcon..) et dans les mémoires


Aujourd'hui grâce aux appareils de style "liseuse", certains pratiquent la lecture nomade. A Écoche, on peut faire mieux : partir en promenade les mains dans les poches et trouver de quoi lire au carrefour du Crêt Loup où un habitant de ces lieux, historien de surcroît a affiché un petit texte bien intéressant (et réactualisé ; l'ancien évoquant la culture du seigle..)

A noter, M. Nomade a aussi publié plusieurs ouvrages sur l'histoire du Roannais.


              Si le lieu-dit "la croix de la fin" existe sur les deux communes, c'est sur celle d'Arcinges que se trouve le monument. Celui-ci a été refait en 1951 à l'occasion d'un jubilé, en ciment (par Berry maçon et Léon Verchère qui a fourni le "moule"). Le chemin est une limite, donc le pré à droite est sur la commune d'Écoche ; le chemin dessert la dernière maison du "Haut Berthillot".

                  Au départ le mot fin signifiait limite. De quoi? Pour Fournial cette limite pourrait remonter à l'Antiquité tardive et marquer la frontière entre deux pagi.

                L'idée de limite se conçoit aussi topographiquement lorsque, franchissant ce col, on quitte le versant d'Arcinges tourné vers le sud-ouest et le Roannais (belle vue d'ailleurs sur la plaine de Roanne) pour passer sur le versant écochois tourné vers le Nord et le Brionnais (vue sur Saint Igny et au-delà sur le sommet de Dun).

         Ce n'est que plus tard que le mot fin a pu désigner la fin d'une bataille (au moment des guerres de religion, mais aussi selon la tradition orale contre les Autrichiens au moment des guerres napoléoniennes). La plaque posée en 1951 ne retient que le sens de fin d'une guerre de religion au 16ème siècle. En revanche une carte postale du début du XXème siècle retient la bataille contre les Autrichiens. A noter la rustique beauté du bois de la croix d'alors.


Un souvenir des guerres de religion au XVIème siècle

C’était en 1570, durant les guerres de Religion. Briquemaut, un chef calviniste, avec 1200 à 1500 cavaliers « traversa les montagnes du Morvan, assiégea Thizy et le brûla, le 23 mai 1570 ».

« Briquemaut fit le siège du château de Thizy, contre lequel il fut tiré 42 coups de canon. N’ayant pu s’emparer du donjon, il mit le feu à la ville le 23 mai, le lendemain de la fête du corps de Dieu.
Ensuite, il se présenta à l’escale à Lay, et mit le feu aux portes. Les habitants se rendirent à discrétion. Il s’achemina alors vers Saint-Etienne… Briquemaut fut battu au Bessat… Il repartit forcer Charlieu et repassa ainsi par Thizy. Les habitants avaient fait de larges fossés dans les parties étroites de la vallée de la Trambouze. Il fut obligé de faire passer son artillerie par les montagnes. Sa troupe fut assaillie près du bourg de Mardore et le champ dans lequel eut lieu la rencontre, près de la « croix du rempart », en a conservé le nom de « Terre des Mille »
Il se rendit de là à Cours, y détruisit le beau château d’Estieugues et s’achemina vers Charlieu, en laissant à Cours une compagnie pour finir son ouvrage.
Les catholiques du pays achevèrent d’exterminer cette petite troupe (la compagnie de Cours) entre les montagnes d’Arcinges et d’Ecoche, et y plantèrent une croix, qui porte encore de nos jours le nom de « Croix de la Fin
».

Extraits de : Etienne Mulsant, Souvenirs du Mont Pilat.


L'ancien presbytère devenu en 2016 propriété privée.



Il reste encore des murets, comme ci-dessous dans les bois du Coucou, attestant de la présence jadis d'un champ.


- Peut-être, d’après un ouvrage du 19ème siècle, des traces de voie romaine sur le chemin qui descend de la Quichère au quartier noir (?) Au  XIXème siècle, on aimait rechercher du "romain" (cf la pièce de Labiche, "la grammaire").

En tout cas, ci-contre deux photos prises en mai 2017 à deux endroits proches sur le dit chemin.



Il y a un demi-siècle, un tract politique -recto et verso- assez savoureux à l'occasion du 2ème tour des élections municipales de 1965.



Traces ténues parfois

Pour la nidification des tourterelles ou des pigeons

Barricadage à l'ancienne (septembre 2016)



Dans ce pré à vaches de Fillon, Déchelette fit des fouilles (pour quelques traces d'habitat romain?) lorsque c'était, au 19ème, un champ cultivé.


Côté nord de l'église, le petit bâtiment est appelé la vieille sacristie et sert de dépôt. S'agit-il d'un vestige de l'ancienne église d'avant 1840 ? D'autant plus que l'entrée de celle-ci se faisait par ici, côté d'un ancien cimetière.

Sur le mur, en dessous du vitrail on repère une ancienne ouverture latérale ; de quand date sa fermeture?


Petite ouverture au Crot des bois


 

A Lachal, la petite tonnelle à l'avant de la maison est un vestige du café Aubonnet (qui ferma vers 1960).

A la place de la voiture se trouvait le bâtiment de l'usine Denis Déchavanne, détruit vers 1985



 

Contre cette très ancienne maison (pierres et pisé) on a accolé une cabine pour les métiers à tisser ; ce petit atelier a fonctionné de la fin des années 30 au milieu des années 60, soit pas plus de trente ans. Ici la clarté ne venait pas du toit mais des larges baies vitrées.


Ci-dessus, au But, dans le talus un ancien puits qui aurait correspondu à l'entrée du souterrain reliant le château d'Arcinges à la maison forte du But ???

Moins romanesque, ci-contre, ce petit édicule se trouvait naguère dans toutes les maisons, au jardin, au fond de la cour... On lui donnait toutes sortes de nom. Par exemple "petit coin" ou encore "chalet de nécessité", etc.

Ils ont presque tous disparus pour le plus grand confort des Écochois.



Les granges avec chemin d'accès jouant sur la pente du terrain sont fréquentes dans le Forez mais rares à Écoche.

Celle-ci à la Baize est bien conservée avec son encadrement en pierres de taille jaunes ; un peu en dessous, un mince soupirail.


La maison ci-dessous est appelée par les Écochois le "Pavillon", si bien que pendant longtemps ce fut aussi le nom du  lieu-dit. Plus récemment on redécouvrit le nom porté sur le cadastre : "le Caire" qui semble être une déformation de l'ancien domaine Tiers ou Thiers. Cette grosse demeure a d'abord été la propriété de Glatard, l'industriel avant qu'il ne construise le "château" de Cadolon. Au milieu du XIXème siècle il la céda aux frères maristes pour qu'elle devienne une école, ce qui explique le clocheton. Enfin depuis le début du XXème siècle elle est propriété privée.

Cela dit, elle reste le témoignage d'un moment fort de l'instruction dans les campagnes. Il reste à Écoche plusieurs personnes qui se souviennent de leur grand-père racontant sa scolarité ici.