Écoche ne possède certes pas de monuments historiques mais quelques lieux, quelques maisons, quelques objets, quelques vieilles pierres qui racontent un peu notre commune. A côté de chez nous, la ville "de caractère" Charlieu possède un riche patrimoine, sauvé depuis 110 ans par l'action de la Société des Amis des Arts. Dans le bulletin 2018 de cette vénérable et dynamique association, son président  donne un éditorial  très juste et, toutes choses étant égales par ailleurs, à même de faire réfléchir, y compris les amis d'Écoche.

« Ah ! Vos vieilles pierres !...Assez fait pour elles !... » « Ces monuments sont morts !... Pensons un peu plus à l’avenir, moins au passé !... » Que n’ai-je pas entendu sur nos pierres, tout au long de ma carrière professionnelle ?

 

Je voudrais vous partager quelques réflexions et convictions à leur sujet, car, à mon sens, ces « pierres » ne sont pas que des pierres qui seraient, là où elles sont, figées, muettes...Elles ont tant de choses à nous dire. elles le disent. Elles parlent sans doute trop souvent « dans le désert »...

 

Nos pierres sont « souvenir ». Elles nous parlent des carrières d’où on les a extraites, à Saint-Denis-de-Cabanne ou à Saint-Maurice-lès-Châteauneuf, de leur environnement, et surtout des hommes qui y ont travaillé, de leurs peines, de leurs joies. Elles nous disent pourquoi on est venu les chercher, quels desseins avaient ceux qui commandaient qu’on les transportât. Elles sont les porte-parole de tous les corps de métiers qui les ont taillées, sculptées, peaufinées, mises en place, ajustées... et de tous les autres qui participaient à la construction pour une même et belle et grande œuvre. Elles résonnent encore du chant des moines, de nuit comme de jour. Elles sont mémoire de leurs travaux, de leurs faits et gestes, dans le bonheur comme dans le malheur, d’une haute tenue spirituelle ou, certainement quelques fois, d’une bassesse très humaine, des périodes de grande fidélité à la Règle comme de celles où on l’oubliait sans doute un peu trop...Elles demeurent témoins des heurs et malheurs des monastères, de leurs riches heures de gloire comme de leur déclin. Toute l’histoire est inscrite en elles, dans la beauté de l’architecture, de la sculpture et autres décors éventuels, tout comme dans les ajouts, les manques et même les ruines...

 

Car ce « souvenir » ne s’arrête pas avec les tribulations de l’Histoire, pas même avec la disparition des monastères et leur démantèlement. Les pierres encore debout, mutilées, transformées...sont l’écho de leur abandon ou des utilisations diverses que les bâtiments ont subies, puis de tous les combats qu’il a fallu mener pur les sauvegarder, les restaurer. Depuis le milieu du XIXème siècle, elles ont fait l’objet d’études et travaux divers, elles ont reçu des milliers de visiteurs, spécialistes, passionnés, particuliers ou groupes d’origines très variées, simples promeneurs...en quête de connaissance, de beauté, de calme...Plus récemment, beaucoup se sont employés à les animer par des manifestations qui essaient de les mettre plus en valeur et de rendre, peut-être, leur voix plus audible pour nos contemporains.

 

Et aujourd’hui, n’auraient-elles plus rien à nous dire ? Leur longue histoire serait-elle terminée ? Notre association qui depuis fin 1908, a participé à cette histoire, quand elle ne l’a pas elle-même faite, ne peut se résoudre à une telle rupture. Nous voulons nous inscrire encore et toujours dans cette continuité et leur bâtir un avenir digne d’elles... Et au nom de notre conseil d’administration, je voudrais redire haut et fort à tous les partenaires de cet avenir, propriétaires, élus et leurs collaborateurs, instances diverses, particuliers amoureux du Beau, mécènes, bailleurs de fonds... qu’ils nous trouveront toujours à leurs côtés pour chercher, mettre en forme, réaliser des solutions qui respectent le mieux possible la cohérence due à l’histoire. Jean-Paul Monchanin. in Bulletin 2018 de la société des Amis des Arts.

 

Exemple : sur le linteau de la porte d'entrée de l'ancienne école des frères (propriété privée aujourd'hui) la date de construction de la belle bâtisse  : 1820. D'abord demeure du filateur Glatard, elle fut école pour les garçons de 1848  jusqu'au début du XXème siècle : plus de cinquante ans de transmission de connaissances!